Philatélie

3 mai 2008

L’API du GéoPortail est disponible depuis la semaine dernière dans sa version Bêta. Généralement, une version Bêta sert à tester un produit pour déterminer sa capacité à répondre aux besoins des développeurs et des utilisateurs. Sauf que les conditions générales d’utilisation introduisent les restrictions suivantes :

  • la taille de la fenêtre cartographique ne doit pas dépasser 400 x 400 pixels (autant dire du webmapping du siècle dernier). C’est tellement petit que même dans les pages d’exemple ils n’ont pas osé respecter cette clause, la carte y est en 900 x 500. Même la mini-carte est en 500 x 400 !
  • le nombre de pages vues ne doit pas dépasser 100 / jour ou le nombre de tuiles chargées ne doit pas dépasser 10000/j. Rien qu’avec les fautes de frappe et les petites optimisations liées à la conception d’une page carto, il va me falloir 1 semaine pour faire quelquechose de potable.

Ensuite, l’API est en fait une surcharge d’OpenLayers. Comme ses collègues britanniques de l’Ordnance Survey, l’IGN a donc choisi cette API OpenSource (licence BSD) à la communauté dynamique pour créer un produit complètement propriétaire. La documentation pointe d’ailleurs directement vers les pages d’OpenLayers pour les composants “standard”. Sauf que sans mention de la version d’OL utilisée, on risque rapidement de se retrouver avec une documentation déconnectée de la version utilisée (une “fork” comme on dit dans le Lot).

Plus rigolo encore sont les “Obligations des Bêta-Testeurs”. On a déjà vu qu’ils avaient juste le droit de montrer une fenêtre de 400 x 400 à quelques membres de leur famille, mais pour pouvoir bénéficier de ce privilège, il faut quand-même respecter quelques règles de bonne conduite (c’est moi qui souligne le plus beau passage) : “A aucun moment vous ne devez effectuer (ou sciemment laisser faire) une utilisation illégale, trompeuse ou mensongère de l’API bêta ou de données du Géoportail, y compris, mais sans exhaustivité, le dénigrement de l’IGN ou du Géoportail ou d’autres pratiques qui peuvent être préjudiciables à l’IGN ou au Géoportail.” Donc pas de banderole genre “Riquiqui, limité, fermé - Bienvenue à l’API Géoportail !” au prochain géo-événement ok ?

neogeo fait son show…

20 avril 2008

Entre le 22 et le 25 avril, à l’occasion de la “Semaine Internationale des Applications Spatiales“, ou Toulouse Space Show pour les intimes, une application réalisée par Neogeo pour le compte du Grand Toulouse va être présentée au public sur le stand du Grand Toulouse. Cette application est une maquette opérationnelle de ce qui deviendra la plate-forme Toulouse Open de mutualisation et de partage de données.

Vue de l’interface

Pour la réaliser, dans un délai très serré, j’ai mis en oeuvre ce que j’estime être le meilleur des technologies OpenSource : un back-office en python, s’appuyant sur le framework Django couplé à une (petite) base de données PostgreSQL, un serveur WMS/WFS avec MapServer, une pincée de GDAL/OGR pour la manipulation des données, un serveur de cache avec TileCache, et bien sûr côté client la dernière version d’OpenLayers et quelques composants MooTools pour les menus. L’intérêt principal de cette architecture est le faible couplage des éléments entre eux. En utilisant des standard d’échange (WMS, XML, JSON…) chaque élément peut être remplacé facilement par un équivalent pour peu qu’il propose les mêmes entrées et sorties. Les données cartographiques sont directement exploitées dans leur format originel, en MapInfo .TAB ou en ECW, afin de faciliter les tâches de mise à jour, qui se font ainsi par simple remplacement des fichiers.

Au niveau fonctionnel, l’application propose visualisation, téléchargement, reprojection, changement de format sur une cinquantaine de couches de données différentes, dont une orthophotographie à 12.5 cm, le parcellaire cadastral, un Modèle Numérique d’Elévation (avec export 3D vers GoogleEarth !) le tout filtré selon le profil de l’utilisateur et les territoires qui lui sont ouverts. Quelqu’un peut ainsi avoir le droit de “voir” une couche sur l’ensemble de l’agglomération, mais ne pouvoir en télécharger qu’une partie. Les utilisateurs peuvent aussi intégrer des ressources WMS externes, ou uploader leurs propres données vers la plateforme. Après validation par l’administrateur, celles-ci deviennent alors visibles par tous.

Le principal défi a été de proposer quelque chose de parfaitement opérationnel en un délai très bref (moins de 30 jours). Pour le relever, le recours à Django s’est révélé être un choix particulièrement judicieux tant la rapidité de développement dans cet environnement et la stabilité du résultat sont impressionnantes. J’en ai par contre peu utilisé les templates, afin de privilégier l’évolutivité et l’autonomie du client. Ainsi la plupart des échanges se font en JSON, notamment l’initialisation de la liste des couches à intégrer dans OpenLayer.
Autre gros avantages de l’utilisation de Django, c’est la constitution quasi-automatique d’un module d’administration très complet. A partir de quelques formulaires, l’administrateur peut ajouter des couches, tout en spécifiant leurs conditions d’accès (droits utilisateurs en visualisation/export), d’affichage (AGG ou PNG, tuilage ou pas, niveau de transparence par défaut…) ou encore le contenu des métadonnées (qui se basent sur template ISO-19139 minimaliste).

Le but à moyen terme, après avoir décontextualisé certains aspects liés aux demandes spécifiques du Grand Toulouse, est aussi de placer cette solution en OpenSource, afin de pouvoir en faire profiter le plus grand nombre. A suivre donc. Si vous passez par Toulouse cette semaine, venez faire un tour du côté du centre des congrès Pierre Baudis, ou n’hésitez pas à me contacter directement pour toute information complémentaire.

Un comparatif des SIG OpenSource

14 mars 2008

C’est quelque chose que j”avais envie de faire depuis longtemps et que… je n’ai toujours pas fait. Mais fort heureusement j’ai découvert que quelqu’un d’autre s’en était chargé : http://www.spatialserver.net/osgis/.

C’est plutôt complet, un peu aride diront les esthètes, mais c’est surtout mis à jour régulièrement.

Merci à Stephan Steiniger pour cette réalisation fort utile.

Ca s’appelle “logiciel libre” parce que l’utilisateur est libre !

13 mars 2008

Malgré des rengaines récurrentes tendant à confondre logiciel libre et logiciel gratuit (ou Free Software et freeware, l’anglais étant encore plus ambigu que le français en la circonstance), un exemple récent illustre qui si la question du coût logiciel ne peut être évacuée, elle n’est pas centrale dans la problématique OpenSource.

L’association (”educationnal charity” en anglais, à but non lucratif donc) Oxford Archeology vient d’être notifiée par ESRI qu’elle ne pouvait plus se prévaloir des remises “éducation” pour ses licences ArcGIS car les associations étaient désormais exclues de ce périmètre. L’association, qui utilise 60 postes de travail sous ArcGIS, verra ses licences actuelles désactivées à la fin du mois (!), à moins de s’acquitter des tarifs “standard” d’ici là. Comme Oxford Archeology n’a pas les moyens de poursuivre avec ESRI, elle réfléchit à un basculement vers des solutions OpenSource. Question de coût donc ? Pas que. Car des logiciels propriétaires plus abordables pourraient être envisagés. Mais question de liberté surtout. Car tout autre logiciel propriétaire, s’il pourrait alléger les coûts, ne changerait pas la situation de base : la totale dépendance de l’utilisateur vis-à-vis de la politique commerciale (tarifs, conditions d’utilisation) et industrielle (mises à jour, correctifs, support…) de son éditeur, donc la subordination de son activité, et partant de là de son coût de revient et de sa productivité, à un tiers.

L’OpenSource a une approche inverse : mettre à la disposition de tous des outils informatiques et des ressources permettant à chacun d’être indépendant, autonome et libre dans leur utilisation :

“Free software is software that gives you the user the freedom to share, study and modify it. We call this free software because the user is free.” (Free Software Foundation)

Cela a parfois un coût aussi, direct ou induit, mais c’est celui de la liberté.

PS : ESRI a trouvé bon de faire remarquer à Jo Cook, auteur de l’article sus-mentionné dans son blog personnel, que les négociations en cours pourraient se trouver compromises par les propos tenus dans son blog. Liberté je vous dis !

via Technical Ramblings

ArcDevelopper REST API

10 mars 2008

Ca bouge chez ESRI, qui réinvente FeatureServer... Une interface REST en cours de développement mais déjà opérationnelle (l’exemple est fait avec OpenLayers, pas ArcIMS…) dans le cadre du projet ArcDevelopper illustre bien l’intérêt porté aux Architectures Orientée Ressources par les plus gros acteurs du marché SIG. Ca retourne même du GeoJSON (essayez ce lien : http://65.101.234.201/rest/rest.svc/TestService/Flyways/10?g=true) , preuve que ce format est en train de s’imposer tranquillement comme le standard pratique d’échange de données vectorielles sur le web, tandis que l’architecture REST procure souplesse et lisibilité. On aura l’occasion d’en reparler bientôt.

P.S. : même Microsoft s’intéresse à REST, le framework .NET 3.5 intègre une classe .NET d’URI templating, pour interpréter directement les URLs Restful selon des modèles prédéfinis…