Le British Geological Survey ou BGS (l’équivalent britannique du BRGM semble-t-il) a publié un livre de recettes destiné à ceux qui doivent mettre en œuvre des services WMS dans le cadre de l’infrastructure de données spatiale écossaise et d’INSPIRE : How to serve a Scottish SDI and INSPIRE conformant Web Map Service.

Ce document volumineux (plus de 300 pages) est riche en informations pour ceux qui s’intéressent au déploiement de services WMS dans le cadre d’INSPIRE. Ses annexes décrivent comment paramétrer des services motorisés par ArcGIS et MapServer et comment les consommer depuis une variété intéressante de clients (Gaia, WorldWind, Google Earth et le portail OneGeology notamment).

La confrontation de ce document au guide technique des services de visualisation d’INSPIRE est également instructive. Le premier point qui saute aux yeux : le livre de recettes écossaises propose d’utiliser WMS 1.1.1 (avec MapServer) et WMS 1.3 (à l’aide d’ArcGIS) alors que le guide technique d’INSPIRE recommande WMS 1.3. La volonté de continuer à supporter WMS 1.1.1 est logique tant la quantité de services ne supportant pas WMS 1.3 est importante. Il est également possible que ces recettes datent de l’époque où MapServer ne supportait pas encore WMS 1.3.

Le deuxième point qui a attiré mon attention réside dans la manière de gérer le multilinguisme. Le document n’est pas très bavard sur ce sujet. Il fait l’impasse sur la présence du paramètre LANGUAGE dans les URL des requêtes adressées aux services WMS. Par contre, il recommande de déployer autant de services que de langues à supporter. Ainsi, chaque service n’a qu’une langue à gérer. Les spécificités de chaque langue peuvent donc être gérées au niveau de chaque service déployé. Cette solution est suggérée par moment (mais pas de manière homogène) dans la version 2.12 du guide technique d’INSPIRE. Elle a l’avantage d’être facilement mise en œuvre avec les logiciels actuellement disponibles sur le marché. Cette approche du multilinguisme ne me satisfait guère et je ne serais pas étonné qu’elle disparaisse totalement du guide technique d’INSPIRE dans ses prochaines versions au bénéfice d’une solution basée sur l’emploi du paramètre LANGUAGE utilisé de manière homogène pour toutes les opérations de WMS.

Un dernier point qui vaut la peine d’être mentionné : pour ce qui est de la sécurité et de l’authentification des utilisateurs (dans le cas où l’accès à certaines opérations ou données ne doit pas être libre), le document fait un rappel de quelques standards et outils qui pourraient être employés. Aucune recommandation claire ou tranchée n’est faite sur ce sujet. Ce n’est pas très étonnant tant les solutions n’ont pas l’air d’être mûres sur le sujet (pour s’en convaincre il suffit de voir à quel point ce sujet n’avance guère du côté de l’OGC). On peut toutefois noter l’implication d’EDINA (l’un des contributeurs au livre de recettes) dans l’organisation d’un prochain test d’interopérabilité (Interoperability Experiment) de l’OGC sur l’emploi conjoint de Shibboleth et de services web géospatiaux (cf. ici).

Une lecture intéressante qui laisse tout de même une légère impression d’inachevé. Celle-ci n’est pas uniquement imputable aux auteurs. En effet, reconnaissons que certains sujets ne sont pas tout à fait mûrs à la fois du côté de la Commission Européenne et du côté des solutions logicielles (pour ne pas citer l’OGC, les éditeurs et les projets libres). Les auteurs en sont conscients puisqu’ils insistent sur le fait que ce document est destiné à évoluer. Ils annoncent également qu’un livre de recettes pour WFS devrait voir le jour en 2010 ou 2011.

WMS : livre de recettes écossaises
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