Archive pour la catégorie ‘GeoHacks’

Trucs et astuces pour GDAL/OGR

Lundi 30 juin 2008

Joli recueil d’astuces diverses pour la manipulation de données vecteur et raster sur le blog GFOSS.

MapServer, toujours plus vite…

Vendredi 23 mai 2008

La future version 5.2 de MapServer contient bien des améliorations. Outre l’optimisation du rendu AGG dont j’ai déjà eu l’occasion de parler, elle recèle également un patch de Paul Ramsey qui a repris la procédure de lecture d’un shapefile. Jusqu’à présent, celle-ci chargeait l’intégralité du fichier SHX en mémoire, quelque soit le nombre d’objets à dessiner réellement. Sur de gros fichiers, ce défaut avait une incidence réelle lors du rendu de petites portions. Voyez plutôt :

ShapeFile de 1 208 668 objets, 160 Mo pour le .shp et 5.2 Mo pour le .shx :

Carte de 5×5 km, en 600 x 600, PNG 8bits:
Sans fichier QIX :
mapserv 5.0.2 : 0.680 s
mapserv SVN : 0.699 s

Avec fichier QIX :
mapserv 5.0.2 : 0.124 s
mapserv SVN : 0.027 s

Ceci met en avant deux éléments à prendre en considération :

  • Il faut toujours utiliser un fichier .qix lors de l’utilisation d’un ShapeFile dans Mapserver. Le fichier .qix est un fichier d’index spatial, comme le GiST de postGIS, qui est construit à l’aide de l’utilisation shptree distribué avec MapServer. Il suffit d’invoquer shptree nom_du_shape.shp pour générer le fichier. Notez qu’il faut reconstruire cet index lors de toute mise à jour du fichier .shp (et non du .dbf).
  • La version en cours de développement de MapServer est alors 5 fois plus rapide que la précédente.

Pour aller un peu plus loin, voici les résultats d’un nouveau test, réalisé sur un jeu de données en MapInfo .TAB et en ShapeFile. qui contient 184000 polygones :

Carte Full extent, en 600 x 600, PNG :

MapInfo :
real 0m3.566s
user 0m3.320s
sys 0m0.250s

Shape :
real 0m0.854s
user 0m0.760s
sys 0m0.100s

Shape-qix :
real 0m0.848s
user 0m0.760s
sys 0m0.090s

Extrait de 1 x 1 km :

MapInfo :
real 0m0.064s
user 0m0.060s
sys 0m0.000s

Shape :
real 0m0.170s
user 0m0.060s
sys 0m0.110s

Shape-qix :
real 0m0.058s
user 0m0.050s
sys 0m0.010s

Un des points intéressants est de voir que pour de petits extraits, le driver MapInfo fait aussi bien qu’un Shapefile indexé. Mais sur le jeu complet, le format .TAB est 4 fois plus lent. Aussi que le .qix ne sert à rien lors de l’extraction de toutes les données, ce qui est logique, mais ne ralentit pas le processus non plus.

Donc, s’il fallait faire une conclusion à ces petits tests, ce serait : utilisez la version 5.2 dès sa sortie, mais surtout, utilisez des fichiers .qix dès maintenant !

P.S. : j’ai aussi testé les performances relatives en reprojection selon le format utilisé pour décrire la projection (code EPSG ou chaîne Proj4) : il y a un léger avantage pour le Proj4 (autour de 0.1 s), mais à mon avis pas assez significatif pour abandonner la facilité de manipulation des codes EPSG !

MapServer vs Mapnik

Dimanche 9 mars 2008

La récente adoption du format AGG par MapServer (depuis la version 5) l’a doté d’une qualité de rendu qui lui a longtemps fait défaut.

Image MapServer avec rendu AGG

Côté rendu, MapServer a ainsi rejoint une solution plus récente, encore mal documentée, mais prometteuse : Mapnik. Bibliothèque C++ avec une API en python, celle-ci a fait de la qualité graphique une de ses priorités. Elle intègre donc également la bibliothèque AGG (AntiGrainGraphics) permettant de lisser les PNG.

Autant le dire tout de suite, les images produites sont strictement identiques, au pixel près ! Cependant, côté performances, Mapnik est un peu plus intéressant, comme en témoigne ce petit test réalisé sur une machine tout ce qu’il y a de standard pour générer l’image des communes de la pointe du Finistère ci-dessus :

  • MapServer :
    real 0m0.382s
    user 0m0.310s
    sys 0m0.070s
  • Mapnik :
    real 0m0.244s
    user 0m0.200s
    sys 0m0.050s

Mapnik s’acquitte donc de la tâche en 1/3 de temps en moins, pour un résultat, rappelons-le, strictement identique. On retrouve un écart d’autant plus significatif que le jeu de données est important. Sur la France entière, communes BDCarto(c) :

  • Mapserver :
    real 0m25.415s
    user 0m25.330s
    sys 0m0.080s
  • Mapnik :
    real 0m13.673s
    user 0m13.630s
    sys 0m0.040s

C’est preque un facteur 2 qui sépare les deux applications. Alors, MapServer K.O. debout ? Pas si sûr, car le rendu AGG étant souvent utilisé dans un contexte de tuilage et de cache disque (voir par exemple OpenStreetMap) le temps de génération a certes une importance mais pas de manière aussi critique que sur du rendu « live ». L’AGG est un peu trop lent pour être utilisé dans un tel contexte, et il faut souvent se contenter dans ce cas d’une simple rendu PNG standard. Mais les performances sont alors exceptionnelles :

  • MapServer, format PNG 256, communes BDCarto(c) France entière :
    real 0m0.638s
    user 0m0.560s
    sys 0m0.070s

6 dixièmes de seconde pour dessiner les 36500+ communes de France en 600 x 600, c’est remarquable, et peut tenir la dragée haute à bien des SIG desktop (faites vos tests…). Mapnik ne fonctionnant qu’en mode AGG, il ne peut atteindre de tels résultats. De sorte que son rayon d’action se trouve fortement réduit, à la différence d’un MapServer avec lequel on peut jouer avec les différents formats de sortie pour optimiser le rendu ou la rapidité selon les besoins, l’échelle, la couche, le contexte (visualisation / impression) etc.

Petits vélos

Mercredi 20 février 2008

Petite mise à jour de la carte de localisation des stations de Vélôs de Toulouse aujourd’hui, avec quelques améliorations :

  • utilisation de tilecache pour les rasters
  • récupération des données de disponibilité des vélos en temps réel depuis le webservice de l’application de la ville

Et après ? au programme une version dédiée téléphone mobile. Parce que c’est bien de connaître la disponibilité depuis chez soi sur internet, mais c’est mieux de pouvoir la consulter quand on cherche un vélo dans la rue ! Les beta-testeurs sont les bienvenus.

Au chapître des nouveautés webmapping, PortailSIG nous fait découvrir aujourd’hui deux superbes applications :

  • Le PLU du Grand Lyon, sous OpenLayers, fluide et esthétique
  • Le nouveau portail INSEE des statistiques locales, avec une partie cartographique en Flash(Géoclip). Excellent outil de géostatistiques, d’une grande rigueur et d’une grande richesse fonctionnelle et surtout impressionnante liste de données consultables ET téléchargeables. Dommage que le plugin Flash ne puisse afficher une France communale en entier, car ce niveau d’analyse garde toute sa pertinence à petite échelle.

Optimisation de TileCache

Samedi 16 février 2008

TileCache est un logiciel qui permet de créer un cache local d’une ressource WMS locale ou distante (du point de vue d’un serveur), afin d’en optimiser l’accès. Il est d’une simplicité déconcertante et d’une efficacité redoutable. Si l’installation et la mise en route sont faciles, il faut quand-même faire quelques réglages pour obtenir des performances optimales. Je vous propose donc un petit résumé de ces étapes, inspiré d’un tutoriel en anglais et de mon expérience personnelle.

  1. L’installation

Simplissime ! Récupérez une archive des sources sur le site de tilecache (http://www.tilecache.org/), et décompressez-la dans un répertoire publié sur le web (/tilecache dans ce qui suit).

Autorisez l’exécution des cgi pour ce répertoire :

<Directory /usr/local/apache2/htdocs/tilecache>
AddHandler cgi-script .cgi
Options +ExecCGI
</Directory>

Editez le fichier tilecache.cfg et spécifiez un répertoire de stockage des dalles, par exemple :

base=/usr/local/apache2/htdocs/tileFolder

(NB : ce répertoire doit exister et être accessible en écriture à l’utilisateur apache).

Vous pouvez déjà tester en chargeant la page http://nom_du_serveur/tilecache/. Vous devriez voir apparaître une interface OpenLayers avec une carte du monde. Vérifiez le contenu de votre répertoire de stockage, vous devriez y voir un sous-répertoire « basic », nom de la couche WMS chargée par défaut, contenant des sous-répertoires numérotés.

Arrivé là, vous êtes déjà en train de mettre en cache les couches WMS que vous exploitez. Le reste n’est donc plus qu’une question d’optimisation.

  1. La configuration des ressources WMS.

Vous avez sans doute d’autres données à exploiter que les données proposées par défaut. Pour cela, il faut rajouter ces entrées dans le fichier tilecache.cfg, en commençant par le nom de la ressource (layername) entre crochets. A noter que le nom que vous donnez à la ressource est complètement libre, mais que c’est lui que vous devrez utiliser lors des appels à TileCache, depuis OpenLayers par exemple. Voici un exemple complet de configuration d’une ressource :

[geosignal]
type=WMS
url=http://www.geosignal.org/cgi-bin/wmsmap
bbox=-50000,1200000,1400000,2700000
extent_type=loose
extension=png
layers=RASTER4000K,RASTER1000K,RASTER500K,RASTER250K,\
RASTER100K,RASTER50K,RASTER25K,RASTER5K
resolutions=2116.666666667,1058.333333333,529.166666667,\
264.583333333,132.291666667,66.145833333,26.458333333,\
13.229166668,6.614583334,2.645833334,1.322916667
levels=11
srs=EPSG:27572

La pluplart des paramètres sont facilement compréhensibles. Après la bbox cependant, on trouve un extent_type=loose. Il sert à autoriser la création de dalles en dehors de la bbox. Pratique pour éviter les dalles roses dans OpenLayers, quand l’étendue de la carte est plus grande que celle de votre ressource. L’omettre pour forcer les requêtes à se situer dans la bbox. Quant aux résolutions, c’est une manière d’exprimer les échelles. On peut les calculer assez facilement (hmmm…) : les dalles par défaut font 256×256 px. Si les images issues du serveur WMS sont en 96 dpi, chaque dalle fera donc (256/96) = 2,666666667 pouces, soit 2,666666667 x 2.54 = 6,773333333 cm. Au 100000e, cela représente donc 6773,333333 mètres, ce qui ramène à (6773,333333/256) = 26,458333333 m/pixel. La résolution pour le 100000e est donc de 26,45833333, et on peut alors facilement calculer les autres par simple péréquation.

Une autre option peut s’avérer utile, c’est metaTile=true. Elle permet d’envoyer des requêtes sur de larges extents, qui sont ensuite redécoupées en 256 x 256. C’est pratique à plus d’un titre. D’une part c’est souvent plus rapide de faire une requête que 25 (la metaTile fait 5 x 5 dalles de base par défaut), même si l’image est plus grosse. D’autre part ça diminue le problème du chevauchement des labels entre dalles contigües, puisque cet effet de bord n’apparaît plus désormais qu’en frontières des grandes tuiles, donc 5 fois moins souvent (20 faces externes au lieu de 100). Elle nécessite cependant l’installation (si ce n’est pas déjà le cas) de la librairie Image de Python (http://www.pythonware.com/products/pil/) qui fait le travail de découpe. Malheureusement, elle ne gère pas les PNG entrelacés, et cette option ne pourra donc pas fonctionner si la ressource WMS diffuse ses images dans ce format. Pour MapServer, il faut ajouter un FORMATOPTION « INTERLACE=OFF » dans la définition de l’outputformat PNG.

  1. Optimisation 1, utiliser mod_python.

TileCache est un programme en python, configuré par défaut pour être exécuté en mode cgi, c’est-à-dire qu’Apache charge à chaque requête l’exécutable python qui traite le fichier tilecache.cgi. C’est un peu lent. Il vaut mieux charger python dans Apache avec mod_python (à activer dans la liste des modules du httpd.conf, ou à compiler et installer directement) car le fichier est alors directement interprété par l’extension python d’Apache, résidente en mémoire.

Donc ajoutez à votre fichier httpd.conf :

LoadModule python_module modules/mod_python.so

Pas de tilecache.py dans votre répertoire tilecache ? Il suffit en fait de renommer le fichier tilecache.cgi en .py . Il faut par contre aussi adapter votre httpd.conf. La configuration du répertoire tilecache devient :

<Directory /usr/local/apache2/htdocs/tilecache>
AddHandler python-program .py
PythonHandler TileCache.Service
PythonOption TileCacheConfig /usr/local/apache2/htdocs/tilecache/tilecache.cfg
</Directory>

Petite précaution : maintenant que python et tilecache.py sont résidents en mémoire, il vous faudra redémarrer Apache à chaque modification du fichier de configuration de TileCache, qui est devenu une sorte de prolongement d’Apache… Il vaut donc mieux avoir bien configuré toutes ses ressources avant cette étape.

Comparez à présent le fonctionnement de votre TileCache, les performances devraient être sensiblement supérieures.

  1. Optimisation 2, pré-remplir le cache.

L’intérêt de cette étape dépend du nombre d’échelles de vos données WMS, ainsi que de leur utilisation. Inutile de pré-générer la France au 5000e si peu d’utilisateurs s’en servent. Mais il est souvent agréable d’avoir les 2-3 premiers niveaux pré-générés. Pour ce faire, utilisez le petit programme tilecache_seed.py ainsi :

python tilecache_seed.py ‘url_du_serveur_WMS’ nom_de_la_ressource niveau_de_depart niveau_de_fin

ce qui donne pour notre ressource définie plus haut :

python tilecache_seed.py ‘http://www.geosignal.org/cgi-bin/wmsmap’ geosignal 0 2

Cela générera toutes les dalles pour les niveaux 0,1 et 2 de la ressource « geosignal », soit les trois premières résolutions décrites dans le fichier tilecache.cfg. Il faut bien veiller à utliser le même nom de ressource que dans le tilecache.cfg.

Une fois la pré-génération réalisée, l’affichage sur ces premiers niveaux devrait être beaucoup plus fluide.

  1. Optimisation 3, forcer le cache client.

Vous remarquerez toutefois qu’en revenant sur un niveau de zoom déjà consulté, les images sont le plus souvent rechargées depuis le serveur. Dommage puisqu’elles sont déjà dans le cache client. Mais celui-ci (le navigateur) ne sait pas qu’elles sont encore valides. Il faut donc l’aider à le savoir. Pour ce faire, il faut utiliser le module Apache mod_expires. Il n’est pas chargé par défaut, mais peut l’être facilement en dé-commentant ou ajoutant un LoadModule mod_expires dans le httpd.conf si vous avez un version packagée. Par contre, si vous avez compilé Apache vous-même, il faudra le recompiler avec les options –enable-headers –enable-expires. Oui, j’aurais pu le dire avant… Mais Apache est votre ami, lors d’une réinstallation, le make install n’écrase que les exécutables et préserve le fichier de configuration, les modules et le contenu de cgi-bin. Donc tout va bien.

Une fois l’installation réalisée, il faut régler la durée de mise en cache dans la configuration Apache du répertoire tilecache. Rééditez donc à nouveau le httpd.conf et ajoutez dans la section Directory concernant tilecache :

ExpiresActive on
ExpiresDefault « access plus 6 months »

La durée de mise en cache peut se régler finement. Voir la documentation du module Expires pour cela. Tout dépend de la durée de vie des données sources. Si elles sont soumises à une mise à jour quotidienne, on pourra se contenter d’un ExpiresDefault « access plus 6 hours » . A noter que ceci n’a aucune incidence sur le contenu du cache serveur. Donc si les données sont mises à jour quotidiennement, il faut également purger le cache serveur tous les jours !

A l’issue de cette dernière étape, comment dire, après quelques allers-retours entre niveaux de zooms différents, l’affichage devient quasi-instantané !

  1. Optimisation 4, simuler plusieurs serveurs.

La plupart des navigateurs n’effectuent pas plus de deux requêtes simultanées sur un même serveur, mais peuvent par contre en effectuer beaucoup plus vers plusieurs serveurs. En déclarant auprès de votre hébergeur de nouveaux noms de domaines (data1.myserveur.com, data2.myserveur.com, data3.myserveur.com…) pointant tous vers la même IP, les navigateurs pourront alors charger les dalles beaucoup plus vite, pour peu que l’application web que vous utilisez prenne en charge ce genre de requête. Avec OpenLayers il suffit de déclarer non plus une URL, mais un tableau d’URL :

wms_sigma = new OpenLayers.Layer.WMS( "TIGER",
["http://sigma4.openplans.org/tilecache-1.3/tilecache.py?",
"http://sigma3.openplans.org/tilecache-1.3/tilecache.py?",
"http://sigma2.openplans.org/tilecache-1.3/tilecache.py?",
"http://sigma1.openplans.org/tilecache-1.3/tilecache.py?"],
{layers: 'sigma' }, {numZoomLevels: 17});

Si avec tout ça vous allez encore moins vite que GoogleMaps, il ne vous reste plus qu’à acheter un serveur avec 36 Go de RAM et charger votre cache directement dedans. Car TileCache en est également capable !

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