Archive pour juillet 2007

Des OGM dans le maïs

Samedi 7 juillet 2007

Non, ce n’est pas la carte des derniers élus PS (même si certains d’entre eux ont récemment subi une mutation génétique par inoculation du sarko2007) que vous avez là, mais celle de la répartition des cultures de maïs OGM (du MON810 de Monsanto, pour les amateurs), recentrée sur la région du Sud-Ouest, particulièrement dotée.

Part des superficies en maïs OGM dans les cantons

Alléché de bon matin par une carte publié sur le site du Figaro, faite à l’origine par Greenpeace, et l’indication faite dans l’article que les données étaient disponibles sur un site gouvernemental, j’ai consulté celui-ci et constaté que les données y étaient renseignées au canton, alors que Greenpeace avait fait une carte départementale.

J’ai donc un peu corrigé les données, pour pouvoir les associer à un fond cantonal Géosignal, car la jointure devait se faire par le nom alors que de nombreuses fautes émaillaient le document. Après quelques manipulations dans PostGIS, j’obtenais une couche correcte, trois cantons uniquement se perdant dans la bataille (si vous les connaissez, merci de me donner des précisions sur les codes de Tartifume (33), Lagraulet(31) et Mansonville (82)).

Il fallait aussi corriger le défaut de la carte originale, à savoir qu’elle utilisait des aplats de couleur pour représenter des quantités continues, ce qui ne se fait pas, foi de cartographe. J’ai donc utilisé la surface du canton pour normaliser le nombre d’hectares en maïs OGM, et obtenir ainsi un ratio correspondant à la part des cultures en maïs OGM sur la superficie du canton. Vous me direz que l’idéal aurait été d’utiliser la Surface Agricole Utile (SAU). Moi aussi, mais je n’ai pas cette donnée à l’échelle du canton (si c’est votre cas, je suis preneur). Cette approche sous-évalue donc les scores dans les cantons disposant de peu de SAU par rapport à leur superficie, mais permet quand-même de faire apparaître l’essentiel. A savoir la concentration des OGM en vallée de Garonne, dans laquelle des cantons comme Muret ou Verdun-sur-Garonne alignent respectivement 1414 et 1389 hectares de maïs transgéniques en plein champ, ce qui correspond à 8.36 % et 6.74 % de leurs superficies respectives.

Au passage, cela m’a permis aussi de tester mes logiciels SIG OpenSource préférés (pêle-même QuantumGIS, uDig, MapWindow, GvSig, OpenJump) dans un contexte assez inhabituel pour moi de production de cartographie thématique “propre”. Autant dire que j’ai été déçu par les fonctionnalités offertes, tant pour ce qui est des discrétisations proposées (rarement plus que quantiles et amplitudes, aucun choix même dans QuantumGIS ou OpenJump, quantiles obligatoires !), que de mise en page ou d’exportation de la carte. J’aurai l’occasion d’y revenir prochainement, dans un comparatif de ces logiciels, mais on est loin des possibilités de représentations offertes par les moins onéreuses des applications propriétaires. Toujours est-il que la discrétisation effectuée, destinée à bien distinguer les deux champions de l’OGM cités plus haut, de leurs challengers directs (Montech, Rieumes, Grenade, Saverdun, Belin Beliet, Nailloux, avec des surfaces exploitées comprises entre 700 et 500 hectares), puis des autres groupes, a été manuelle. Sur ce type de série d’allure logarithmique (peu d’individus avec de fortes valeurs, beaucoup avec de petites valeurs, un peu comme la densité de population par exemple) les classifications par quantiles ou amplitude n’ont en effet aucun intérêt. Il aurait fallu disposer d’une standardisée lognormale ou d’une méthode des seuils naturels (Jenks), hélas proposées par aucun de ces outils.

Naissance de NeoGeo

Mercredi 4 juillet 2007

Bonjour à tous,

J’ai le plaisir de vous annoncer la naissance de NeoGeo, cabinet de consultant SIG dédié aux solutions OpenSource. Vous trouverez sur ce site des renseignements sur la structure et les prestations proposées, mais aussi des articles techniques, des nouvelles, des retours d’expérience sur l’utilisation des outils OpenSource SIG dans un environnement professionnel.

A bientôt

Guillaume Sueur

Spatial combat

Mercredi 4 juillet 2007

Nul doute que le succès de PostGIS fait des envieux. Ses performances en font même un sérieux challenger aux solutions Oracle, à tel point que des organismes prestigieux le privilégient (voir Oracle, PostGIS et MySQL : éléments de comparaison, via postGIS.fr et surtout l’étude de cas de l’IGN).

Les grands de ce monde se devaient donc de réagir. A la conférence annuelle des utilisateurs des produits ESRI (ESRI International User Conference 2007), Jack Dangermond a ainsi répondu à la question : “Will ESRI support the PostGIS open-source spatial extension for PostgreSQL?” :

- Yes, ESRI will provide our customers with the option of using either the ISO/OGC spatial type or the PostGIS spatial extension.

Comme Paul Ramsey le remarque malicieusement, Jack induit ainsi le doute quant au respect des normes ISO/OGC dans PostGIS, ce qui est habile mais légèrement tendancieux. Plus précisément, si ArcSDE envisage bien une interconnexion postGIS, ce n’est pas forcément sur le format natif de celui-ci, mais le format maison SDEBINARY simplement intégré à postGIS. Ca peut permettre à votre ArcMap d’utiliser des données stockées dans postGIS, mais quel intérêt si ces données, de par leur format spécifique, sont inutilisables hors de la passerelle ArcSDE (dans MapServer par exemple) ? L’interropérabilité en prend un coup.

Dans le même temps, Microsoft, singulièrement à la traîne pour ce qui était des bases de données spatiales, introduit dans SQL Server 2008 (nom de code Katmai) le support complet des données géographiques, pour lequel on annonce déjà une intégration parculièrement poussée avec les produits ESRI (”The spatial database offerings of specific ESRI partners were developed using core, underlying ESRI technology and hence have a high degree of similarity“). Est-ce à dire que SQL Server 2008 va devenir le SGBD “naturel” de la gamme ArcGIS ? Du subtil dénigrement de PostGIS mentionné plus haut et de l’étroite collaboration ESRI-Microsoft autour de SQL Server, on peut raisonnablement le déduire.

On sent surtout la crainte de voir les utilisateurs ArcQuelquechose migrer vers les solutions OpenSource pour le stockage ou la diffusion des données sur le web, tout en conservant leur Arc comme client SIG desktop, pour la manipulation et la visualisation des données. Qui n’a pas son égal en OpenSource, force est de le constater.

Virtualisons !

Mercredi 4 juillet 2007

Comme moi vous avez sans doute parfois besoin d’utiliser un système Linux sans pour autant pouvoir dédier une machine à cet usage. Jusqu’à présent j’utilisais un système de double boot permettant au lancement de la machine de choisir l’OS à utiliser. Mais dans cette configuration, les échanges entre les deux systèmes sont fastidieux, et même si un portable peut faire office de client de la machine Linux, on perd beaucoup de temps à transférer des fichiers pour les utiliser dans les différents OS.

Une solution facile permet de résoudre ces difficultés : la virtualisation. Il s’agit de faire tourner le Linux (ou le Windows) sur une machine virtuelle hébergée sur l’autre système d’exploitation. VMWare propose son VMWare serveur gratuitement, ce qui permet de faire face à des besoins d’utilisation personnelle ou de pré-production. L’intérêt est que la machine virtuelle se comporte exactement comme une seconde machine, avec sa propre adresse IP, ses ressources dédiées, et ses services accessibles. Ainsi, votre PostGIS peut tranquillement tourner sous Debian tandis que vous exploitez les données qui y sont stockés dans votre logiciel SIG préféré sous Windows.

On peut créer autant de machines virtuelles que nécessaires, et ainsi tester différentes configurations et environnements de production pour les valider. Surtout, une fonction Snapshot permet de prendre une image de la machine virtuelle à un instant t et d’y revenir par simple clic. Vous venez de tout casser après une compilation un peu sauvage, ou de perdre votre base de données suite à une mauvaise manipulation ? Pas de panique, le bouton “Revert to Snapshot” rétablit la situation en un clic.

La machine hôte doit certes disposer de suffisamment de ressources pour pouvoir les partager efficacement, mais un DualCore et 2 Go de RAM sont déjà suffisants pour entreprendre l’opération. C’est donc à moindre coût une excellente solution de production légère.