Archive pour janvier 2008

Le développement web au XXIe siècle

Mardi 29 janvier 2008

La conférence de Douglas Crockford, DHTML Evangelist Architect chez Yahoo! est suffisamment brillante pour être appréciée par tous. On y apprend pourquoi un affichage en mode console fait 80 colonnes de large, les origines des réseaux sociaux, pourquoi le passage aux ordinateurs personnels a fait perdre 20 ans aux technologies réseau et nombre de remarques acides et bien informées sur les technologies web d’aujourd’hui. Exemples :

  • javascript est plein de bugs car les spécifications ont été faites à partir des implémentations existantes sous Netscape et IE, en Jscript, et qu’il fallait partir de là. Il reste cependant le langage de progammation le plus interopérable qu’il soit.
  • Il a fallu 5 ans pour se rendre compte de l’intérêt de l’objet XMLHttpRequest
  • Les mash-ups sont l’innovation principale du développement logiciel de ces 20 dernières années, mais sont des passoires question sécurité.
  • Il a fallu 10 ans pour reproduire sur le web les “Rounded corners” des applications Mac du début des années 1990.
  • L’email a été créé pour permettre à quelques chercheurs de communiquer entre eux, sans que la sécurité soit un souci à une époque où les machines coûtaient des millions de dollars et qu’on connaissait plus ou moins tous les utilisateurs. La généralisation de cette technologie, sans prise en compte de l’absence de sécurité du modèle initial, a un coût énorme en termes d’équipements de sécurité (antispam-antivirus-antiphishing…) ainsi qu’un coût humain réel, par le temps passé parfois à tenter de contourner les anti-quelquechose pour envoyer une pièce jointe à quelqu’un.

Plus précisément sur Ajax, un costard sur mesure pour les technologies impliquées :

  • Un navigateur web est l’environnement de développement le plus hostile jamais créé.
  • HTML : n’a toujours pas choisi son camp entre format documentaire ou applicatif . Les spécifications n’ont pas bougé depuis 1999 et c’est la seule imagination des développeurs web, habiles à exploiter la plus petite possibilité offerte, qui a permis aux applications web d’évoluer.
  • CSS: lent, complexe, fragile, incomplet, devrait être remplacé
  • XML, compliqué, inefficace, erreur de modèle, mauvaise exposition des données.
  • L’émergence des innovations est rendue difficile par le faible taux de mise à jour des navigateurs web. Chaque nouvelle version ajoute donc de nouveaux bugs, sans résorber le volume des bugs à prendre en considération, puisqu’ils sont toujours présents sur de nombreuses machines.

L’idée intéressante de cette conférence est de bien illustrer le mouvement perpétuel de l’avancée technologique. Les ordinateurs personnels ont mis 20 ans à rattraper les mainframes en termes de possibilité de communication. Mais les applications web en ont alors pris 10 pour ressembler ergonomiquement aux applications desktop (et encore, sans de mode de fonctionnement offline). Les mobiles avancent vite, mais ont encore trop de systèmes d’exploitation différents pour être interopérables. E la nave va…

via le blog de Christian Fauré

Hexagones

Mardi 29 janvier 2008

La représentation cartographique de résultats électoraux n’est pas chose facile et certains s’y sont d’ailleurs cassé les dents. Néanmoins, les élections générales britanniques viennent de donner l’occasion au quotidien Telegraph de réaliser une fort belle application. Les circonscriptions électorales sont ici représentées par des hexagones qui ont l’avantage de permettre une représentation homogène et claire de l’information (et par rapport à des carrés de placer les centres des six voisins d’un hexagone à la même distance, et non d’en avoir quatre à une certaine distance et quatre autres à cette distance multipliée par la racine de deux. C’est très utile en analyse spatiale, même si ce n’est pas exploité dans cet exemple).
Quelques options permettent de visualiser directement les circonscriptions clés pour le deuxième tour et le tout se dote d’un appareil critique et méthodologique fort intéressant.

via Very Spatial

Attali m’a tuer

Mardi 29 janvier 2008

Dans son rapport au Président de la République, la commission Attali préconise dans son article 58 la promotion du logiciel libre par trois différents moyens :

  • “Promouvoir la concurrence entre les logiciels propriétaires et les logiciels libres dans les appels d’offres, notamment publics. Un objectif de 20 % des applications nouvellement développées ou installées au profit du secteur public en open source pourrait être fixé à l’horizon 2012.
  • Considérer fiscalement, comme aux États-Unis, les aides aux communautés des logiciels libres comme du mécénat de compétence.
  • Exiger, à un niveau européen dans le cadre de la politique de la concurrence entre solutions logicielles, la fixation de normes internationales garantissant l’interopérabilité entre logiciels libres et les logiciels propriétaires, en priorité.”

Dans son préambule, l’article indique par ailleurs que le recours aux logiciels libres “induit une économie moyenne de 36 % en recherche et développement pour les entreprises utilisatrices”.

Que du bon donc. Las, 20 % des marchés publics c’est encore trop pour certains et l’AFDEL (Association Française des éditeurs de logiciels, le lobby français du logiciel donc, qui regroupe des sociétés telles que Dassaults Systèmes ou Microsoft) a trouvé bon de juger le rapport “iconoclaste” car défendant la promotion “exclusive et discriminatoire” du logiciel libre, qui réalise aujourd’hui seulement 2 % de parts de marché. L’AFDEL ajoute que “le logiciel libre n’a ainsi, de l’avis des spécialistes, pas débouché à ce jour sur des innovations de rupture. La plupart de ses produits phare s’avèrent des clones –parfois améliorés - de produits déjà existant sous modèle propriétaire.” Outre que le concept d’innovation de rupture mériterait une juste définition, on aimerait aussi avoir les noms et les publications de ces spécialistes. Quant à voir Apache, PostgreSQL, MySQL, PHP, et tant d’autres ramenés à de simples clones si ce n’est pas de l’humour, ça fait rire quand-même. Cette analyse a un point de vue exclusivement industriel, opposant des produits, des modèles économiques et des parts de marchés. Mais le logiciel libre a une autre dimension que le logiciel propriétaire n’a pas, c’est sa dimension pédagogique, éducative et communautaire. Le logiciel libre permet à tous de s’impliquer dans le développement logiciel, la mise en oeuvre de sites web, la rédaction de documentation sans avoir à s’acquitter d’un ticket d’entrée sous forme de coût de licence. Cette facilité crée de la connaissance, en favorise le partage et fait émerger de nouvelles idées et de nouveaux concepts. Que certains proposent du service payant autour de ces technologies (moi le premier) n’est pas intrinsèquement lié au produit lui-même, et le service ainsi rendu est indépendant tant du produit que du prestataire. Par son libre accès (au logiciel lui-même, au code) le logiciel libre favorise la dissémination et l’expérimentation. En retour, cela implique ouverture et interopérabilité. Quand une géodatabase ESRI ne peut être exploitée que par les logiciels conçus par la même société, ou au travers d’outils de transformation payants, une base PostGIS peut l’être par une multitude de clients, libres ou pas. C’est sans doute là que se situe l’innovation de rupture fondamentale.

Voir aussi le communiqué de l’AFUL sur le sujet.

Parfois carte alourdi

Vendredi 25 janvier 2008

Un bon tableau vaut parfois mieux qu’une carte. Ce mash-up consacré au football rend bien fastidieux l’accès à une information que la carte ne valorise en rien.

Pas aussi balourd que “Les élections législatives dans GoogleEarth” quand-même :

Les résultats des élections législatives 2007 dans GoogleEarth

Le monde selon OSM

Vendredi 25 janvier 2008

Une élégante animation multi-temporelle permet de constater les progrès accomplis par la couverture d’OpenStreetMap depuis 2005. Si certaines régions, notamment extrême-orientales, ont encore l’apparence nébuleuse et mystérieuse des Terrae Incognitae des anciens portulans, on notera la densité d’informations disponibles aux Etats-Unis et en Europe. La France cependant reste relativement peu couverte. Si quelque éditeur de données cartographiques françaises avait la bonne idée de faire un don à OSM, la situation pourrait évoluer rapidement. Le WMS c’est bien, mais OSM, c’est encore mieux !