Archive pour juin 2008
Un nuage de lait avec votre analyse thématique ?
Lundi 16 juin 2008Le groupe de recherche GeoSOA, mené par l’éminent Thierry Badard, nous signale la sortie de GeoKettle, que tout estivant ayant traversé le Lot pourra facilement traduire par GeoBouilloire, qui n’est pas destinée à éliminer les impuretés de vos données cartos, mais à réaliser du data-mining en 3 mn chrono !
C’est, pour reprendre les termes du communiqué, une version “spatialisée” de Pentaho Data Integration, outil ETL (Extract, Transform, Load) dédié à l’agrégation de sources de données différentes dans des entrepôts de données. GeoKettle intègre ainsi l’ensemble de la suite décisionnelle Pentaho, afin de donner une dimension géographique tant à la présentation du résultat des analyses (ça c’est facile) qu’à leur exploration elle-même. Pour faire court, la dimension géographique devient une des composantes analytiques, permettant par exemple de consolider les indicateurs en fonction d’entités administratives, ou d’énoncer des contraintes d’ordre spatial (distance par exemple) à leur composition.
Il semblerait donc qu’après le rapprochement entre CampToCamp et Talend, autre éditeur d’ETL OpenSource, le GéoDécisionnel ait le vent en poupe et constitue le nouveau territoire de la géomatique.
GeoJSON année 1
Lundi 16 juin 2008Via un message sur plusieurs listes et son blog personnel, Christopher Schmidt vient d’annoncer la publication de la version finale de la spécification GeoJSON, la version 1.0 donc.
Le GeoJSON est un format cartographique un peu particulier puisqu’il n’est pas destiné au stockage mais plutôt au transfert des données cartographiques entre un serveur et un client web exécutant du javascript. Car dans GeoJSON il y a JSON (JavaScript Object Notation) ! Hors de ce contexte donc, point de GeoJSON. L’un des principaux intérêts de ce format est de structurer naturellement son contenu en objets javascript un fois interprété par celui-ci. Par exemple :
{”type”: “FeatureCollection”, “features”: [{"type": "Feature","geometry": {"type" : "Point","coordinates" : [527904.26, 1844683.7]},”properties”: {”nom”:”PLACE ESQUIROL”,”adresse”:”15 PL ETIENNE ESQUIROL”,”numero”:”0102″,”bornes”:”18″}}]}
génère un objet fait de features, features dont les éléments ont une propriété nom, à laquelle on accède par features[i].properties["nom"], mais aussi une propriété geometry caractérisée par un type et un tableau de coordonnées.
Surtout, les protagonistes à l’oeuvre dans ces specifications ont tenu à l’enrichir suffisamment pour couvrir de très larges contextes d’utilisation. On retrouve donc des objets tels que les multi-lignes, multi-polygones, bounding boxes, ou même des systèmes de référence spatiaux qui peuvent être faits de liens http vers une définition externe (sur http://www.spatialreference.org par exemple).
Enfin, ce format a connu un succès rapide, dès avant sa formalisation complète. OGR l’intègre depuis quelques mois, OpenLayers et FeatureServer également, ça va de soi, mais on le retrouve aussi dans des logiciels propriétaires tels que FME de Safe Software. En tout, plus de vingt logiciels l’utilisent déjà sous une forme ou une autre.
Rien ne synthétise sans doute mieux les récentes évolutions de la néocartographie qui s’affranchit des frontières classiques du SIG que ce format, destiné à faire le lien entre la données carto “classique” et des contextes d’utilisation web de plus en plus diversifiés.
Quand le géoportail prend du relief sous Linux
Mardi 3 juin 2008De la 3D dans un navigateur web sous Linux ? Non, ce n’est ni Google (dont l’Api GoogleEarth n’est pas encore compatible), ni VirtualEarth (allez savoir pourquoi…), mais notre champion national l’IGN qui innove en proposant désormais la visualisation 3D sous Windows, MacOS ET Linux donc. L’installation du plugin TerraExplorer se fait facilement, même s’il n’est pas encore compatible avec Firefox 3, pourtant désormais distribué en standard dans Ubuntu, distribution phare du monde Linux, mais cependant encore à l’état de bêta release.
Cette évolution a été possible grâce au développement d’un nouveau plug-in au sein de TerraExplorer, capable de télécharger les tuiles raster en WGS84 et de les reprojeter à la volée en Lambert 93 (mais aussi tout autre système de projection géré par Proj). Réalisé par GeoLabs (qui préfère faire des plug-ins que finir son site web…) et notamment Gérald Fenoy, célèbre spécialiste de Gentoo, associé au non moins célèbre Frank Warmerdam, architecte en chef de GDAL-OGR, cette réalisation est une belle illustration de l’apport des logiciels OpenSource à l’information géographique grand public.