Si la nouvelle méthode de recensement de l’INSEE, qui procède désormais par échantillonnage, avait déjà permis d’avoir quelques estimations, l’année 2009 s’ouvre avec la publication des données légales de population pour 2006, qui remplacent donc celles vieillissantes de 1999. Ces données légales sont les seules valeurs officielles concernant la population des communes et des entités administratives d’un niveau supérieur.
Pour fêter ça, et parce que ce sont des données qui nous concernent tous, j’ai réalisé une petite application de cartographie dynamique desdits résultats, qui mérite quelques détails techniques.
La récupération des données.
Un petit script en python récupérant les différente synthèses départementales du site de l’INSEE et en extrayant le contenu utile m’a permis de constituer une table communale actualisé. Une jointure sur une table spatiale issue des données de Geosignal (que je remercie au passage pour le droit d’usage concédé gracieusement) , un petit tour sur les anciennes données INSEE (celles de 1999), et me voici avec une table complète : géométrie, code insee, pop1999 et pop2006. Un petit calcul (var = pop2006/pop1999 – 1), un autre (densite = pop2006 / (area(the_geom)/1000000)) et voilà deux autres colonnes, la variation de population communale entre 1999 et 2006, et la densité de chacune des communes en 2006.
La mise en ligne
Divers projets récents m’ont permis de constituer un back-office de publication utilisant GeoDjango, dans lequel j’ai donc injecté les données. Comme il intègre TileCache, les deux couches principales de l’application sont ainsi tuilées et cachées. Les autres (départements, villes, labels) non. Branchons là-dessus un bon client cartographique fait d’OpenLayers et d’ExtJS, et nous pouvons parcourir ce nouveau visage de la population française avec souplesse.
L’accès aux données
Un petit plus du client utilisé, et d’ExtJS en particulier, est sa capacité à accéder aux données attributaires en mode paginé. Un petit clic droit dans la liste des couches (notamment sur Densité ou Variation de population) ouvre un menu contextuel dans lequel l’item ‘Voir les données’ permet de lister l’ensemble des 36580 données communales par bloc de 10. Le tableau utilisé permet également de trier ou filtrer les données, ce qui est toujours pratique pour découvrir qui est la plus dense, qui a eu la plus forte variation…

Copie d'écran de l'application 'Recensement 2006'
Les petits soucis
Notre organisation administrative est complexe, et chaque année des communes fusionnent, se séparent ou disparaissent. Peu à la fois, mais à raison de 5 à 10 par an, ça peut faire beaucoup. Mon fond cartographique se base sur les communes de 1999, et je n’ai donc pu traiter correctement les données des communes ayant fusionnées avec d’autres (Lomme et Lille, Octeville et Cherbourg). Les variations et densités pour la ville ayant absorbé l’autre sont donc exagérées (la population 2006 de Lille est en fait la population de Lille et de Lomme, mais la carte ne l’affecte qu’à Lille et le calcul la compare avec la population 1999 de Lille seule). Mais sur le nombre, on est à moins de 1 pour 1000…
L’analyse
Contrairement aux résultats de 1999, qui faisaient apparaître une forte augmentation de la population dans les communes de première couronne (au contact de la ville centre), les résultats de 2006 montrent une stabilité de ces zones. Ce sont par contre les communes situées plus loin de la métropole qui voient leur population augmenter fortement. C’est vrai à Toulouse. C’est également visible à une autre échelle en région PACA, ou c’est tout l’arrière-pays qui voit la population augmenter tandis que le littoral stagne. C’est un peu la traduction spatiale et humaine de 7 ans de hausse continue des prix immobiliers, qui a sans cesse poussé les familles à aller plus loin, les rendant dès lors très sensibles au prix du carburant…
Littoralisation et métropolisation sont donc toujours très marquants, mais avec des expressions locales plus diffuses. Regardez Bordeaux aussi.
Intéressant aussi de constater la perte de population qui affecte la Champagne-Ardenne (sans ‘s’ quand c’est la région !). C’est sans doute pourquoi le gouvernement songe à y envoyer les gens de l’INSEE…
Sinon, la France de 2006 compte 27187 communes de moins de 1000 habitants, soit près de 75 %.
Meilleurs voeux à tous !