Sydney 2009
Lundi 18 février 2008Le communiqué de presse de l’OSGeo vient de l’annoncer, c’est à Sydney, Australie, que se tiendra le FOSS4G 2009. Un peu loin quand-même. Raison de plus pour militer activement pour un FOSS4G francophone annuel.
Le communiqué de presse de l’OSGeo vient de l’annoncer, c’est à Sydney, Australie, que se tiendra le FOSS4G 2009. Un peu loin quand-même. Raison de plus pour militer activement pour un FOSS4G francophone annuel.
En complément à un précédent post, le FOSS m’a permis d’y voir un peu plus clair sur les différents formats “interropérables” pour les données géographiques et surtout de percevoir un distinction majeure entre ceux-ci : il y a d’un côté les formats issus du monde géographique et créés pour diffuser l’information géographiques sous la formes de services web : WMS, WFS et donc GML sont de ceux-là.
D’un autre côté, on trouve les formats du Web 2.0 qui intègrent peu à peu la dimension géographique : AtomPub, GeoRSS en font partie. Le KML/Z quant à lui se situant entre ces deux approches : imaginé pour diffuser de l’information géographique (et rien de plus, comme le rappelle Raj Singh), il intègre aussi étroitement la notion d’interropérabilité totale.
Car c’est bien en termes d’interropérabilité que les formats se distinguent. Là où les premiers ont été faits pour permettre à des systèmes géographiques d’interropérer (afficher dans MapInfo une carte issue d’un serveur WMS, crééer un application web à partir de multiples serveurs WMS-WFS différents), le deuxième groupe est fait pour permettre à des applications web d’interropérer, nonobstant leur capacité à analyser ou traiter la donnée géographique. Ce point est central pour la compréhension des avantages et inconvénients de chacuns. Là où un flux AtomPub intégrant des balises de géolocalisation en GeoRSS pourra être interprété par n’importe quel client Atom, qu’il exploite les données géographiques ou pas, le flux GML d’un serveur WFS ne sera correctement affiché sous forme de carte que par des clients dédiés à l’affichage cartographique. Cependant, pour des raisons d’homogénéité et de standardisation, l’AtomPub, tout comme le KML, ne diffuse qu’un contenu attributaire restreint (nom - description de l’objet, même si celle-ci peut-être complexe, de la forme d’un bloc HTML complet), tandis que le GML transporte toute la richesse attributaire nécessaire à une réelle exploitation des données. Les usages sont donc forcément différents. Là où le GeoRSS répond au besoin de “Affiche mes posts dans GoogleMaps”, le GML est porteur d’une réelle richesse attributaire et d’une plus value qualitative évidente, qui se paye par une plus grande complexité.
Après une semaine fort excitante passée à suivre les conférences et ateliers du FOSS4G2007, je profite du temps épouvantable qui m’oblige à rester cloîtré dans la salle commune du Whalers on the Point Guesthouse de Tofino et m’empêche de sortir ma planche de surf pour livrer quelques réflexions sur ce que j’ai pu apprendre ces derniers jours.
Premièrement, concernant les langages de développement, Python fait réellement l’événement puisque c’est le langage utilisé dans les applications les plus pointues et récentes présentées au FOSS. Citons TileCache, FeatureServer, Cartoweb 4, Shapely, GeoDjango, tous ces projets ont privilégié le python en raison de sa stabilité et de son extraordinaire versatilité (au sens anglo-saxon du terme). Java est toujours là, structurant des projets déjà reconnus (uDIG) ou en devenir (un ETL OpenSource présenté par Talend et CampToCamp). Par contre le PHP ne fait plus partie des langages en vue. Encore utilisé largement, s’il apparaît notamment dans des retours d’expérience il n’est plus le fer de lance du développement en WebMapping, dont l’architecture s’oriente vers des bibliothèques puissantes écrites en C, intégrées dans des wrappers python. Cela a été rendu possible par l’intégration de Ctypes dans python 2.5 qui permet l’appel direct de bibliothèques C sans passer par une fastidieuse interface SWIG.
Du côté des geeks, Charlie Savage met désormais en oeuvre du GeoRuby pour faire tourner son MapBuzz, et à créé une liste dédiée au webmapping dans RubyOnRails, que rien ne semble arrêter !
Tout ceci produit des applications plus puissantes, plus stables et plus robustes, notamment dans la gestion de la mémoire et de la montée en charge. Des bibliothèques aussi cruciales que Geos, Gdal, Ogr, Proj peuvent ainsi être utilisées au coeur même d’une application web dont les scripts python constituent une double interface entre les requêtes utilisateurs d’un côté et la manipulation des données à un bas niveau de l’autre. Ceci devrait faire émerger des frameworks cartographiques avec de véritables fonctions d’administration des données, qui sont encore des aspects trop négligés par le monde OpenSource.
GeoDjango devrait montrer la voie puisque ses concepteurs ont montré un vif intérêt à l’idée d’intégrer des notions de règles de topologies à la gestion des tables.
Mais non je n’exagère pas. Le FOSS4G2007 va se tenir en septembre à Victoria, Canada, et loin d’être un rassemblement de geeks (enfin, il va forcément en traîner quelques-uns dans le coin) c’est beaucoup plus une conférence des utilisateurs avertis de logiciels libres en géomatique, du moins si j’en crois le programme des conférences : présentation de logiciels libres (’a survey of OpenSource GIS’, ‘OpenLayers - Agile Geography in Browser’, ‘Geoserver, past, present and future’, ‘Quantum GIS, five years and counting’ etc), d’architectures techniques (’mapping with ajax and SVG’, ‘GoogleEarth powered by MapGuide’) ou des tendances actuelles de la discipline (’Free software business’, ‘Trends of the GeoWeb’), il y en a pour presque tous les goûts. Pointu, pertinent, actuel, ce programme donne un réel coup de vieux à ce qui se passe de ce côté-ci de l’Atlantique. Et c’est peut-être là qu’est le problème. Qu’on regarde la carte de répartition des auteurs de conférences au FOSS4G2007 et la sous-représentation européenne saute aux yeux. Certes Victoria, ce n’est pas la porte à côté. Mais les principaux acteurs de l’OpenSource Geospatial (ceux qui font PostGIS, MapServer, GRASS, GDAL, Udig et j’en passe) seront là. Ainsi que les principaux acteurs du monde SIG en général (la liste des sponsors comprend ainsi Autodesk, Google, Esri, Leica, Safe…). Il y a des occasions à ne pas rater. Celle-ci en est une, qu’il ne faudrait pas négliger parce que trop loin, trop anglo-saxonne, trop technique.