Articles taggés avec ‘OGR’

shp2pgsql vs ogr2ogr

Lundi 14 janvier 2008

Quand on veut intégrer un jeu de données à PostGis, on peut soit utiliser le module de conversion de shape intégré à postgis (shp2pgsql), soit passer par l’excellent utilitaire ogr2ogr qui fait partie de GDAL. Si chacun des deux logiciels génère correctement les tables demandées, on peut privilégier l’un ou l’autre en fonction du contexte d’utilisation :

  • Si les données sources ne sont pas en shapefile, mais en .TAB par exemple, préférer ogr2ogr à un passage par un shapefile intermédiaire, car cela permettra de préserver les noms de champs longs, systématiquement tronqués à 10 caractères lors d’un passage en DBF (avec un shapefile donc).
  • Si l’identifiant de la table à créer DOIT être “gid” pour correspondre à des requêtes existantes, prendre shp2pgsql car la modification du nom de la clé primaire par défaut dans ogr (nommée ogc_fid) passe par des variables d’environnement de postgresql, pas très pratiques.
  • pour transcrire directement des données 3D en 2D, utiliser ogr2ogr avec l’option -lco DIM=2
  • pour spécifier la projection de la nouvelle table, les deux logiciels sont équivalents, mais pour PROJETER les données à la volée (les stocker dans un autre système de projection que celui du fichier source) ogr2ogr est la seule solution.
  • chacun propose aussi les options nécessaires pour le mode de “création” : création réelle, remplacement, mise à jour. A noter que l’option spécifique d’ogr pour postgresql (-lco OVERWRITE=yes) ne fonctionne pas sans l’option générale -overwrite
  • Seul shp2pgsql permet de spécifier facilement l’encodage de la donnée source (ASCII par défaut) à l’aide de l’option -W. Ogr utilise la variable d’environnement PG_CLIENT_ENCODING, et c’est donc par là qu’il faut passer pour intégrer des données particulières. Ca marche mais c’est moins pratique.
  • Création d’un index spatial : seul shp2pgsql propose cette option. L’utilisation d’ogr doit donc être suivie d’une requête SQL spécifique pour le créer. A ne pas négliger car la présence d’un tel index optimise toutes les requêtes exploitant le champ géométrique.
  • Conversion des champs : par défaut, ogr2ogr crée des champs à l’identique du DBF. Donc si vous aviez un champ type caractère de taille 10, il en résultera un CHAR(10) dans Postgresql, rempli de blancs quand le contenu du champ n’est pas suffisamment long. Ca peut créer de mauvaises surprises lors de requêtes… Donc ajouter l’option -lco PRECISION=NO si c’est le cas.

Pour compléter ce bref comparatif, voici des requêtes types pour chacun des logiciels :

shp2pgsql -s 27572 -c -D -i -I nom_du_shape nom_de_la_table > nom_fichier.sql

A noter que shp2pgsql est en fait un transcripteur de shape en SQL. Il faut donc ensuite faire lire ce résultat à postgresql : psql -d nom_de_la_base -f nom_fichier.sql
Sous linux, les deux commandes peuvent se piper facilement : shp2pgsql -s 27572 -c -D -i -I nom_du_shape nom_de_la_table | psql -d nom_de_la_base
Dans cet exemple, il est demandé de créer une table en Lambert II étendu (SRID 27572), en mode création (option -c), en mode COPY (-D) nettement plus rapide que des INSERT, mais qui pose parfois problème avec des caractères spéciaux, de mettre les champs de type integer en mode INT4 (option -i, à ne pas utiliser si les données dépassent cette capacité), et enfin de créer un index spatial (-I) ce qui s’avère souvent indispensable. A noter aussi une option intéressante (-S) pour intégrer les géométries en mode simple et non multiple (pour un shapefile contenant des lignes, un table de MULTILINESTRING est sinon créée par défaut). Il faut cependant s’assurer auparavant que tous les objets du shapefile ont bien des géométries simples.

La syntaxe d’ogr2ogr est un peu plus verbeuse, rebutante même de prime abord. L’équivalent de la requête précédente donne en effet :

ogr2ogr -overwrite -a_srs “EPSG:27572″ -f PostgreSQL PG:”host=serveur user=postgres password=postgres dbname=nom_base” fichier_shape.shp -lco LAUNDER=yes -lco DIM=2 -lco GEOMETRY_NAME=the_geom -lco PRECISION=NO -nln nom_table
dans laquelle il est spécifié :
-overwrite pour remplacer la table si elle existe
-a_srs “EPSG:27572″ : pour indiquer que la table est en Lambert II étendu
-f PostgreSQL + chaîne de connexion pour spécifier la base cible
ensuite viennent les options spécifiques à l’exportation vers postgreSQL :
-lco LAUNDER=yes : permet de corriger les noms des champs pour les rendre compatibles avec postgresql sans utilisation de guillemets dans les requêtes
-lco DIM=2 : nombre de dimensions (x,y,z,m, donc 4 maximum pour un shapefile. Mais ogr ne gère que les trois premières). En spécifiant 2 on contraint la table cible à être en 2D.
-lco GEOMETRY_NAME = the_geom : indique le nom à donner à la colonne géométrique
-lco PRECISION=NO pour avoir des VARCHAR plutôt que des CHAR dans la table cible
-nln nom_table: option New Layer Name (nln) pour spécifier le nom à donner à la table cible, si celui-ci est différent du nom du fichier shape.

Les valeurs par défaut des deux logiciels (pour le nom du champ géométrique par exemple : the_geom dans shp2pgsql, wkb_geometry dans ogr2ogr) impose la plus grande vigilance dans leur manipulation conjointe pour alimenter une base de données. Sans oublier de faire suivre tout import ogr par la création d’un index spatial sur la nouvelle table.

WorldMill, pour donner des ailes à OGR

Mardi 20 novembre 2007

Sean Gillies n’est pas un plaisantin. Quand il s’attaque à un sujet, ce n’est pas pour faire un truc qui clignote en vous donnant l’heure. Alors quand il s’est penché sur l’implémentation d’OGR en Python, qu’il trouvait médiocre dans sa version native, il a déjà réfléchi plusieurs jours, savoir s’il vallait mieux utiliser CTypes ou Cython pour lier la librairie C native. Le genre de sujet qu’on lui laisse avec soulagement. Mais quand il teste l’ami Sean, il ne se contente pas de dire “Ctypes sucks dude…”, il sort des statistiques :

Refinery (with ctypes): 4972288.61 usec/pass
Ogre (Cython/Pyrex) : 682301.81 usec/pass
ogr.py (old-school bindings) : 9183181.72 usec/pass

Le coup du old-school bindings en a énervé quelques-uns, qui ont fait remarquer qu’il avait utilisé une vieille version d’OGR. Trop facile ! Mais avec la nouvelle, même si celle-ci est 15 fois plus rapide que la précédente (bravo Howard), Cython garde le dessus :

Refinery (with ctypes)
4994133.40 usec/pass

Ogre (Cython/Pyrex)
593522.91 usec/pass

ogr.py (next generation bindings)
594103.50 usec/pass

De cette implémentation efficace avec Cython, Sean a fait un premier prototype, WordMill. Quelques exemples permettent de se rendre compte de la souplesse du programme. La définition d’un workspace (répertoire de données) suffit à permettre l’accès à toutes les sources de données supportées par OGR qui s’y trouvent, et de parcourir ainsi les fichiers et leur contenu de manière transparente quant à leur format, sans appel à un driver particulier et à travers des structures simples. On peut ainsi accéder aux données, les interroger, les filtrer très efficacement. De la belle ouvrage, doublée d’une installation simplissime. Chapeau Sean !

Du GeoJSON dans OGR

Mercredi 7 novembre 2007

Mateusz Loskot vient de publier un nouveau driver pour OGR, la célèbre bibliothèque d’abstraction/conversion de formats SIG, qui va donc désormais pouvoir accéder en lecture seule à des flux GeoJSON. On en a déjà parlé, le GeoJSON est la version Geo (malin non ?) de la notation JSON (Javascript Simple Object Notation) qui permet d’échanger facilement des objets structurés entre un serveur et un client. Un tableau associatif PHP se converti ainsi directement en un objet javascript.

La particularité du driver de Mateusz est de pouvoir accéder directement à un flux http renvoyant du GeoJSON, car ce “format” n’est pas à proprement parler un format de stockage comme le Shapefile ou le GML, mais bien un format d’échange. Avoir un fichier .gjson serait par là même une aberration ! Le driver ouvre donc une connexion vers un service web délivrant du GeoJSON, et permet alors toutes les opérations habituelles des modules OGR : info sur le fichier et conversion :
ogr2ogr -f “ESRI Shapefile” cities.shp http://featureserver/cities/.geojson OGRGeoJSON transforme en shapefile le flux GeoJson des villes issu du serveur de données.

L’intérêt de cette implémentation est tout naturellement son utilisation dans un contexte mobile, où la limitation de bande passante empêche l’exploitation de “gros” formats tels que le WFS-GML, un petit client pouvant ainsi récupérer les données vectorielles dynamiquement pour une exploitation locale.

Notez bien que ce driver n’est pas encore disponible dans la version officielle de GDAL-OGR, mais uniquement à partir du svn osgeo . Le portage dans la version officielle devrait être faite sous peu.