Articles taggés avec ‘OpenSource’

Poseidon Linux

Dimanche 6 juillet 2008

Poseidon Linux est une distribution basée sur Ubuntu spécialement packagée pour les sciences et le SIG. Faite par des Brésiliens océanographes, on y retrouve entre autres Grass, QGis, MapServer et p.mapper.

Je suis donc heureux de valoriser ce travail en proposant un mirroir à la distribution.

Site officiel en anglais (le lien ci-dessus étant réservé aux lusophones…)

Philatélie

Samedi 3 mai 2008

L’API du GéoPortail est disponible depuis la semaine dernière dans sa version Bêta. Généralement, une version Bêta sert à tester un produit pour déterminer sa capacité à répondre aux besoins des développeurs et des utilisateurs. Sauf que les conditions générales d’utilisation introduisent les restrictions suivantes :

  • la taille de la fenêtre cartographique ne doit pas dépasser 400 x 400 pixels (autant dire du webmapping du siècle dernier). C’est tellement petit que même dans les pages d’exemple ils n’ont pas osé respecter cette clause, la carte y est en 900 x 500. Même la mini-carte est en 500 x 400 !
  • le nombre de pages vues ne doit pas dépasser 100 / jour ou le nombre de tuiles chargées ne doit pas dépasser 10000/j. Rien qu’avec les fautes de frappe et les petites optimisations liées à la conception d’une page carto, il va me falloir 1 semaine pour faire quelquechose de potable.

Ensuite, l’API est en fait une surcharge d’OpenLayers. Comme ses collègues britanniques de l’Ordnance Survey, l’IGN a donc choisi cette API OpenSource (licence BSD) à la communauté dynamique pour créer un produit complètement propriétaire. La documentation pointe d’ailleurs directement vers les pages d’OpenLayers pour les composants “standard”. Sauf que sans mention de la version d’OL utilisée, on risque rapidement de se retrouver avec une documentation déconnectée de la version utilisée (une “fork” comme on dit dans le Lot).

Plus rigolo encore sont les “Obligations des Bêta-Testeurs”. On a déjà vu qu’ils avaient juste le droit de montrer une fenêtre de 400 x 400 à quelques membres de leur famille, mais pour pouvoir bénéficier de ce privilège, il faut quand-même respecter quelques règles de bonne conduite (c’est moi qui souligne le plus beau passage) : “A aucun moment vous ne devez effectuer (ou sciemment laisser faire) une utilisation illégale, trompeuse ou mensongère de l’API bêta ou de données du Géoportail, y compris, mais sans exhaustivité, le dénigrement de l’IGN ou du Géoportail ou d’autres pratiques qui peuvent être préjudiciables à l’IGN ou au Géoportail.” Donc pas de banderole genre “Riquiqui, limité, fermé - Bienvenue à l’API Géoportail !” au prochain géo-événement ok ?

Un comparatif des SIG OpenSource

Vendredi 14 mars 2008

C’est quelque chose que j”avais envie de faire depuis longtemps et que… je n’ai toujours pas fait. Mais fort heureusement j’ai découvert que quelqu’un d’autre s’en était chargé : http://www.spatialserver.net/osgis/.

C’est plutôt complet, un peu aride diront les esthètes, mais c’est surtout mis à jour régulièrement.

Merci à Stephan Steiniger pour cette réalisation fort utile.

Ca s’appelle “logiciel libre” parce que l’utilisateur est libre !

Jeudi 13 mars 2008

Malgré des rengaines récurrentes tendant à confondre logiciel libre et logiciel gratuit (ou Free Software et freeware, l’anglais étant encore plus ambigu que le français en la circonstance), un exemple récent illustre qui si la question du coût logiciel ne peut être évacuée, elle n’est pas centrale dans la problématique OpenSource.

L’association (”educationnal charity” en anglais, à but non lucratif donc) Oxford Archeology vient d’être notifiée par ESRI qu’elle ne pouvait plus se prévaloir des remises “éducation” pour ses licences ArcGIS car les associations étaient désormais exclues de ce périmètre. L’association, qui utilise 60 postes de travail sous ArcGIS, verra ses licences actuelles désactivées à la fin du mois (!), à moins de s’acquitter des tarifs “standard” d’ici là. Comme Oxford Archeology n’a pas les moyens de poursuivre avec ESRI, elle réfléchit à un basculement vers des solutions OpenSource. Question de coût donc ? Pas que. Car des logiciels propriétaires plus abordables pourraient être envisagés. Mais question de liberté surtout. Car tout autre logiciel propriétaire, s’il pourrait alléger les coûts, ne changerait pas la situation de base : la totale dépendance de l’utilisateur vis-à-vis de la politique commerciale (tarifs, conditions d’utilisation) et industrielle (mises à jour, correctifs, support…) de son éditeur, donc la subordination de son activité, et partant de là de son coût de revient et de sa productivité, à un tiers.

L’OpenSource a une approche inverse : mettre à la disposition de tous des outils informatiques et des ressources permettant à chacun d’être indépendant, autonome et libre dans leur utilisation :

“Free software is software that gives you the user the freedom to share, study and modify it. We call this free software because the user is free.” (Free Software Foundation)

Cela a parfois un coût aussi, direct ou induit, mais c’est celui de la liberté.

PS : ESRI a trouvé bon de faire remarquer à Jo Cook, auteur de l’article sus-mentionné dans son blog personnel, que les négociations en cours pourraient se trouver compromises par les propos tenus dans son blog. Liberté je vous dis !

via Technical Ramblings

Attali m’a tuer

Mardi 29 janvier 2008

Dans son rapport au Président de la République, la commission Attali préconise dans son article 58 la promotion du logiciel libre par trois différents moyens :

  • “Promouvoir la concurrence entre les logiciels propriétaires et les logiciels libres dans les appels d’offres, notamment publics. Un objectif de 20 % des applications nouvellement développées ou installées au profit du secteur public en open source pourrait être fixé à l’horizon 2012.
  • Considérer fiscalement, comme aux États-Unis, les aides aux communautés des logiciels libres comme du mécénat de compétence.
  • Exiger, à un niveau européen dans le cadre de la politique de la concurrence entre solutions logicielles, la fixation de normes internationales garantissant l’interopérabilité entre logiciels libres et les logiciels propriétaires, en priorité.”

Dans son préambule, l’article indique par ailleurs que le recours aux logiciels libres “induit une économie moyenne de 36 % en recherche et développement pour les entreprises utilisatrices”.

Que du bon donc. Las, 20 % des marchés publics c’est encore trop pour certains et l’AFDEL (Association Française des éditeurs de logiciels, le lobby français du logiciel donc, qui regroupe des sociétés telles que Dassaults Systèmes ou Microsoft) a trouvé bon de juger le rapport “iconoclaste” car défendant la promotion “exclusive et discriminatoire” du logiciel libre, qui réalise aujourd’hui seulement 2 % de parts de marché. L’AFDEL ajoute que “le logiciel libre n’a ainsi, de l’avis des spécialistes, pas débouché à ce jour sur des innovations de rupture. La plupart de ses produits phare s’avèrent des clones –parfois améliorés - de produits déjà existant sous modèle propriétaire.” Outre que le concept d’innovation de rupture mériterait une juste définition, on aimerait aussi avoir les noms et les publications de ces spécialistes. Quant à voir Apache, PostgreSQL, MySQL, PHP, et tant d’autres ramenés à de simples clones si ce n’est pas de l’humour, ça fait rire quand-même. Cette analyse a un point de vue exclusivement industriel, opposant des produits, des modèles économiques et des parts de marchés. Mais le logiciel libre a une autre dimension que le logiciel propriétaire n’a pas, c’est sa dimension pédagogique, éducative et communautaire. Le logiciel libre permet à tous de s’impliquer dans le développement logiciel, la mise en oeuvre de sites web, la rédaction de documentation sans avoir à s’acquitter d’un ticket d’entrée sous forme de coût de licence. Cette facilité crée de la connaissance, en favorise le partage et fait émerger de nouvelles idées et de nouveaux concepts. Que certains proposent du service payant autour de ces technologies (moi le premier) n’est pas intrinsèquement lié au produit lui-même, et le service ainsi rendu est indépendant tant du produit que du prestataire. Par son libre accès (au logiciel lui-même, au code) le logiciel libre favorise la dissémination et l’expérimentation. En retour, cela implique ouverture et interopérabilité. Quand une géodatabase ESRI ne peut être exploitée que par les logiciels conçus par la même société, ou au travers d’outils de transformation payants, une base PostGIS peut l’être par une multitude de clients, libres ou pas. C’est sans doute là que se situe l’innovation de rupture fondamentale.

Voir aussi le communiqué de l’AFUL sur le sujet.