neogeo fait son show…

20 avril 2008

Entre le 22 et le 25 avril, à l’occasion de la “Semaine Internationale des Applications Spatiales“, ou Toulouse Space Show pour les intimes, une application réalisée par Neogeo pour le compte du Grand Toulouse va être présentée au public sur le stand du Grand Toulouse. Cette application est une maquette opérationnelle de ce qui deviendra la plate-forme Toulouse Open de mutualisation et de partage de données.

Vue de l’interface

Pour la réaliser, dans un délai très serré, j’ai mis en oeuvre ce que j’estime être le meilleur des technologies OpenSource : un back-office en python, s’appuyant sur le framework Django couplé à une (petite) base de données PostgreSQL, un serveur WMS/WFS avec MapServer, une pincée de GDAL/OGR pour la manipulation des données, un serveur de cache avec TileCache, et bien sûr côté client la dernière version d’OpenLayers et quelques composants MooTools pour les menus. L’intérêt principal de cette architecture est le faible couplage des éléments entre eux. En utilisant des standard d’échange (WMS, XML, JSON…) chaque élément peut être remplacé facilement par un équivalent pour peu qu’il propose les mêmes entrées et sorties. Les données cartographiques sont directement exploitées dans leur format originel, en MapInfo .TAB ou en ECW, afin de faciliter les tâches de mise à jour, qui se font ainsi par simple remplacement des fichiers.

Au niveau fonctionnel, l’application propose visualisation, téléchargement, reprojection, changement de format sur une cinquantaine de couches de données différentes, dont une orthophotographie à 12.5 cm, le parcellaire cadastral, un Modèle Numérique d’Elévation (avec export 3D vers GoogleEarth !) le tout filtré selon le profil de l’utilisateur et les territoires qui lui sont ouverts. Quelqu’un peut ainsi avoir le droit de “voir” une couche sur l’ensemble de l’agglomération, mais ne pouvoir en télécharger qu’une partie. Les utilisateurs peuvent aussi intégrer des ressources WMS externes, ou uploader leurs propres données vers la plateforme. Après validation par l’administrateur, celles-ci deviennent alors visibles par tous.

Le principal défi a été de proposer quelque chose de parfaitement opérationnel en un délai très bref (moins de 30 jours). Pour le relever, le recours à Django s’est révélé être un choix particulièrement judicieux tant la rapidité de développement dans cet environnement et la stabilité du résultat sont impressionnantes. J’en ai par contre peu utilisé les templates, afin de privilégier l’évolutivité et l’autonomie du client. Ainsi la plupart des échanges se font en JSON, notamment l’initialisation de la liste des couches à intégrer dans OpenLayer.
Autre gros avantages de l’utilisation de Django, c’est la constitution quasi-automatique d’un module d’administration très complet. A partir de quelques formulaires, l’administrateur peut ajouter des couches, tout en spécifiant leurs conditions d’accès (droits utilisateurs en visualisation/export), d’affichage (AGG ou PNG, tuilage ou pas, niveau de transparence par défaut…) ou encore le contenu des métadonnées (qui se basent sur template ISO-19139 minimaliste).

Le but à moyen terme, après avoir décontextualisé certains aspects liés aux demandes spécifiques du Grand Toulouse, est aussi de placer cette solution en OpenSource, afin de pouvoir en faire profiter le plus grand nombre. A suivre donc. Si vous passez par Toulouse cette semaine, venez faire un tour du côté du centre des congrès Pierre Baudis, ou n’hésitez pas à me contacter directement pour toute information complémentaire.

shp2pgsql vs ogr2ogr

14 janvier 2008

Quand on veut intégrer un jeu de données à PostGis, on peut soit utiliser le module de conversion de shape intégré à postgis (shp2pgsql), soit passer par l’excellent utilitaire ogr2ogr qui fait partie de GDAL. Si chacun des deux logiciels génère correctement les tables demandées, on peut privilégier l’un ou l’autre en fonction du contexte d’utilisation :

  • Si les données sources ne sont pas en shapefile, mais en .TAB par exemple, préférer ogr2ogr à un passage par un shapefile intermédiaire, car cela permettra de préserver les noms de champs longs, systématiquement tronqués à 10 caractères lors d’un passage en DBF (avec un shapefile donc).
  • Si l’identifiant de la table à créer DOIT être “gid” pour correspondre à des requêtes existantes, prendre shp2pgsql car la modification du nom de la clé primaire par défaut dans ogr (nommée ogc_fid) passe par des variables d’environnement de postgresql, pas très pratiques.
  • pour transcrire directement des données 3D en 2D, utiliser ogr2ogr avec l’option -lco DIM=2
  • pour spécifier la projection de la nouvelle table, les deux logiciels sont équivalents, mais pour PROJETER les données à la volée (les stocker dans un autre système de projection que celui du fichier source) ogr2ogr est la seule solution.
  • chacun propose aussi les options nécessaires pour le mode de “création” : création réelle, remplacement, mise à jour. A noter que l’option spécifique d’ogr pour postgresql (-lco OVERWRITE=yes) ne fonctionne pas sans l’option générale -overwrite
  • Seul shp2pgsql permet de spécifier facilement l’encodage de la donnée source (ASCII par défaut) à l’aide de l’option -W. Ogr utilise la variable d’environnement PG_CLIENT_ENCODING, et c’est donc par là qu’il faut passer pour intégrer des données particulières. Ca marche mais c’est moins pratique.
  • Création d’un index spatial : seul shp2pgsql propose cette option. L’utilisation d’ogr doit donc être suivie d’une requête SQL spécifique pour le créer. A ne pas négliger car la présence d’un tel index optimise toutes les requêtes exploitant le champ géométrique.
  • Conversion des champs : par défaut, ogr2ogr crée des champs à l’identique du DBF. Donc si vous aviez un champ type caractère de taille 10, il en résultera un CHAR(10) dans Postgresql, rempli de blancs quand le contenu du champ n’est pas suffisamment long. Ca peut créer de mauvaises surprises lors de requêtes… Donc ajouter l’option -lco PRECISION=NO si c’est le cas.

Pour compléter ce bref comparatif, voici des requêtes types pour chacun des logiciels :

shp2pgsql -s 27572 -c -D -i -I nom_du_shape nom_de_la_table > nom_fichier.sql

A noter que shp2pgsql est en fait un transcripteur de shape en SQL. Il faut donc ensuite faire lire ce résultat à postgresql : psql -d nom_de_la_base -f nom_fichier.sql
Sous linux, les deux commandes peuvent se piper facilement : shp2pgsql -s 27572 -c -D -i -I nom_du_shape nom_de_la_table | psql -d nom_de_la_base
Dans cet exemple, il est demandé de créer une table en Lambert II étendu (SRID 27572), en mode création (option -c), en mode COPY (-D) nettement plus rapide que des INSERT, mais qui pose parfois problème avec des caractères spéciaux, de mettre les champs de type integer en mode INT4 (option -i, à ne pas utiliser si les données dépassent cette capacité), et enfin de créer un index spatial (-I) ce qui s’avère souvent indispensable. A noter aussi une option intéressante (-S) pour intégrer les géométries en mode simple et non multiple (pour un shapefile contenant des lignes, un table de MULTILINESTRING est sinon créée par défaut). Il faut cependant s’assurer auparavant que tous les objets du shapefile ont bien des géométries simples.

La syntaxe d’ogr2ogr est un peu plus verbeuse, rebutante même de prime abord. L’équivalent de la requête précédente donne en effet :

ogr2ogr -overwrite -a_srs “EPSG:27572″ -f PostgreSQL PG:”host=serveur user=postgres password=postgres dbname=nom_base” fichier_shape.shp -lco LAUNDER=yes -lco DIM=2 -lco GEOMETRY_NAME=the_geom -lco PRECISION=NO -nln nom_table
dans laquelle il est spécifié :
-overwrite pour remplacer la table si elle existe
-a_srs “EPSG:27572″ : pour indiquer que la table est en Lambert II étendu
-f PostgreSQL + chaîne de connexion pour spécifier la base cible
ensuite viennent les options spécifiques à l’exportation vers postgreSQL :
-lco LAUNDER=yes : permet de corriger les noms des champs pour les rendre compatibles avec postgresql sans utilisation de guillemets dans les requêtes
-lco DIM=2 : nombre de dimensions (x,y,z,m, donc 4 maximum pour un shapefile. Mais ogr ne gère que les trois premières). En spécifiant 2 on contraint la table cible à être en 2D.
-lco GEOMETRY_NAME = the_geom : indique le nom à donner à la colonne géométrique
-lco PRECISION=NO pour avoir des VARCHAR plutôt que des CHAR dans la table cible
-nln nom_table: option New Layer Name (nln) pour spécifier le nom à donner à la table cible, si celui-ci est différent du nom du fichier shape.

Les valeurs par défaut des deux logiciels (pour le nom du champ géométrique par exemple : the_geom dans shp2pgsql, wkb_geometry dans ogr2ogr) impose la plus grande vigilance dans leur manipulation conjointe pour alimenter une base de données. Sans oublier de faire suivre tout import ogr par la création d’un index spatial sur la nouvelle table.

WorldMill, pour donner des ailes à OGR

20 novembre 2007

Sean Gillies n’est pas un plaisantin. Quand il s’attaque à un sujet, ce n’est pas pour faire un truc qui clignote en vous donnant l’heure. Alors quand il s’est penché sur l’implémentation d’OGR en Python, qu’il trouvait médiocre dans sa version native, il a déjà réfléchi plusieurs jours, savoir s’il vallait mieux utiliser CTypes ou Cython pour lier la librairie C native. Le genre de sujet qu’on lui laisse avec soulagement. Mais quand il teste l’ami Sean, il ne se contente pas de dire “Ctypes sucks dude…”, il sort des statistiques :

Refinery (with ctypes): 4972288.61 usec/pass
Ogre (Cython/Pyrex) : 682301.81 usec/pass
ogr.py (old-school bindings) : 9183181.72 usec/pass

Le coup du old-school bindings en a énervé quelques-uns, qui ont fait remarquer qu’il avait utilisé une vieille version d’OGR. Trop facile ! Mais avec la nouvelle, même si celle-ci est 15 fois plus rapide que la précédente (bravo Howard), Cython garde le dessus :

Refinery (with ctypes)
4994133.40 usec/pass

Ogre (Cython/Pyrex)
593522.91 usec/pass

ogr.py (next generation bindings)
594103.50 usec/pass

De cette implémentation efficace avec Cython, Sean a fait un premier prototype, WordMill. Quelques exemples permettent de se rendre compte de la souplesse du programme. La définition d’un workspace (répertoire de données) suffit à permettre l’accès à toutes les sources de données supportées par OGR qui s’y trouvent, et de parcourir ainsi les fichiers et leur contenu de manière transparente quant à leur format, sans appel à un driver particulier et à travers des structures simples. On peut ainsi accéder aux données, les interroger, les filtrer très efficacement. De la belle ouvrage, doublée d’une installation simplissime. Chapeau Sean !